Le 23 juin 2026 s’est tenue l’édition IN BANQUE 2026 à Paris, un événement incontournable pour décrypter l’avenir du secteur financier.
Une nouvelle ère pour la banque digitale
Thibaut Ravisé, CEO et cofondateur de QuickSign a participé à la table ronde intitulée « Les évolutions et innovations dans la banque digitale », aux côtés de François Deltour (Arkéa Direct Bank / Fortuneo), Pascal Luigi (BforBank) et Julien Dugué (TNP Consultants). Animés par Claire Dollez (A Content Story), les échanges ont mis en lumière un changement de paradigme majeur. Après des années focalisées sur la conquête de clients, la banque digitale est entrée dans l’ère de la rentabilité, de la différenciation et de l’intégration industrielle de l’intelligence artificielle.
I – Les nouveaux modèles de différenciation : De la conquête à la valeur
Dans un marché français et européen concurrentiel où les utilisateurs sont de plus en plus multi-bancarisés, la simple promesse d’une application mobile fluide ne suffit plus. Les banques en ligne cherchent désormais la rentabilité et l’élargissement de leur offre (crédit, épargne, services extra-bancaires). Surtout, elles cherchent à se différencier par différentes approches :
Fortuneo associe la stratégie « low price » à une image de marque fondée sur la confiance
François Deltour a partagé sa vision d’un modèle où le positionnement tarifaire reste central : les utilisateurs recherchent aujourd’hui un bon rapport qualité-prix, mais surtout performance-prix. Il faut désormais rassurer le client avec une sensation de gratuité, notamment sur le produit d’appel (la carte bancaire et la banque au quotidien).
« On ne parle plus de low cost mais de low price. » – François Deltour, Président du Directoire d’Arkéa Direct Bank
Au-delà des tarifs, la confiance institutionnelle s’impose comme un levier de différenciation majeur dans la banque digitale. Fortuneo cultive ainsi une image de marque moderne et agile, tout en capitalisant sur la robustesse de son groupe de rattachement (Arkéa Direct Bank). Face à la sophistication des cybermenaces et à la prolifération des fraudes à l’identité, cette légitimité historique se transforme en un gage de sécurité. C’est un argument de conquête et de rétention massif sur le marché européen.
« À l’ère des deep fakes, être soutenu par un groupe solide, c’est un atout très précieux. » – François Deltour, Président du Directoire d’Arkéa Direct Bank
BforBank propose une expérience durable et globale
De son côté, Pascal Luigi a détaillé la stratégie de différenciation de BforBank, qui repose sur une approche modulaire et une diversification vers les services connexes. Il a comparé l’offre bancaire moderne à un immeuble pour illustrer comment retenir le client dans la durée :
- Le premier étage concerne la banque au quotidien (sécurisation et simplification de l’offre),
- Le deuxième étage représente l’épargne, expertise de BforBank
- Et le troisième englobe les services connexes pour proposer une expérience globale et pérenne.
“Ces approches vont nous permettre d’enrichir la proposition de valeur peu à peu” – Pascal Luigi, Directeur Général Délégué de BforBank
La différenciation par la tech au moment de l’acquisition client
Pour se différencier durablement, il faut être capable de maximiser la valeur tout en maintenant l’optimisation économique et la pertinence des parcours d’acquisition. François Deltour (Arkéa Direct Bank / Fortuneo) a particulièrement insisté sur la notion de « soutenabilité économique du parcours ». Intégrer les meilleures briques technologiques du marché est une excellente chose, mais les coûts d’acquisition doivent rester maîtrisés.
Thibaut Ravisé (QuickSign) explique que la tech doit permettre aux banques de se différencier en résolvant le paradoxe de l’onboarding moderne : assurer les contrôles de conformité et la lutte anti-fraude (notamment face aux cybermenaces et aux deep fakes) tout en offrant une simplicité maximale côté client. Un bon parcours d’onboarding digital ne doit pas seulement être rapide ; il doit convertir de manière juste, cibler les bons profils et minimiser les frictions inutiles.
« Un bon parcours d’acquisition aujourd’hui, c’est pas seulement un parcours qui va vite. On veut un parcours qui convertit juste, pour avoir les bons clients et pour s’éviter en aval énormément de choses qu’on préférerait, peut-être, prendre 20 secondes de plus mais s’éviter par la suite. » – François Deltour, Président du Directoire d’Arkéa Direct Bank
II – L’IA aujourd’hui : Entre automatisation de l’UX et rationalisation des coûts
L’intelligence artificielle est déjà une réalité opérationnelle pour les banques en ligne. Cependant, son déploiement actuel fait l’objet d’arbitrages de la part des dirigeants du secteur, qui oscillent entre la recherche d’une efficacité et d’une autonomie maximale et la préservation de la relation client.
L’IA pour réaliser des gains de productivité et fluidifier le parcours clients
Aujourd’hui, l’IA s’impose avant tout comme un puissant levier d’optimisation interne et d’automatisation des processus. Les banques en ligne l’utilisent massivement pour fluidifier l’expérience utilisateur et soulager les équipes opérationnelles.
- L’optimisation des parcours d’onboarding clients : L’IA, et ce n’est pas vraiment nouveau, permet d’automatiser les modèles. L’utilisateur télécharge l’application, prend sa pièce d’identité en photo, et les algorithmes se chargent d’extraire instantanément les données pour pré-remplir le dossier, vérifier l’identité et interroger les fichiers de contrôle (Banque de France).
- L’assistance aux conseillers : Chez Arkéa Direct Bank, l’IA générative est massivement utilisée comme un copilote pour les équipes des centres de relation client. Elle prend en charge la pré-rédaction des e-mails de réponse aux clients dans plusieurs langues générant ainsi des gains de productivité et de temps sur le traitement des demandes simples.
- La gestion de l’infrastructure et de la scalabilité : L’industrialisation de la tech est indispensable pour soutenir les stratégies marketing promotionnelles des banques. Lors de campagnes d’acquisition massives, les banques doivent s’appuyer sur l’automatisation pour absorber les pics de charge, sous peine de voir leurs serveurs (et leurs taux de conversion) s’effondrer.
Le débat du selfcare et le maintien de la relation humaine
Mais l’automatisation ne doit pas se traduire par une déshumanisation de la banque. Si l’IA permet d’accroître l’autonomie du client (selfcare), les intervenants s’accordent à dire que l’informatique pure a ses limites, surtout lorsqu’un utilisateur est bloqué sur le parcours d’acquisition.
Pour BforBank, la différenciation réside précisément dans la capacité à réintroduire l’humain au bon moment pour rassurer et sécuriser l’utilisateur.
« Le client peut tout faire tout seul MAIS si vous êtes bloqué, vous appuyez sur un bouton et quelqu’un va vous débloquer. Le client restera maître, c’est l’humain qui fait foi à la fin. » – Pascal Luigi, Directeur Général Délégué de BforBank
Pour que l’IA reste un atout aujourd’hui sans détériorer la confiance, Fortuneo s’impose trois règles fondamentales :
- L’utilité : La personnalisation algorithmique doit apporter une valeur concrète et non servir une démarche purement mercantile. Il faut différencier personnalisation utile et intrusion.
- La transparence : Le client doit comprendre pourquoi un produit lui est proposé et quelles données sont exploitées.
- Le contrôle : L’utilisateur doit conserver la liberté de paramétrer, refuser ou désactiver la proactivité de l’IA.
Le pragmatisme économique : déployer l’IA là où elle génère de la valeur réelle
Thibaut Ravisé apporte également une nuance essentielle concernant l’usage des LLM appliqués au traitement documentaire :
« Les anciennes technologies de lecture et d’analyse nous apportent déjà des résultats extrêmement robustes sur des pièces standards comme la pièce d’identité ou l’IBAN. Aller chercher des LLM ou de l’IA générative sur ces documents normés, c’est consommer du temps de réponse et des coûts supplémentaires pour un gain quasi nul. L’IA doit être déployée là où elle apporte une vraie valeur ajoutée économique. » – Thibaut Ravisé, CEO de QuickSign
En clair, pour les documents complexes non structurés (comme les justificatifs de domicile ou les bulletins de salaire), les LLM transforment la donne. En revanche, pour le traitement d’une pièce d’identité ou d’un IBAN, les technologies pré-IA générative sont largement suffisantes.
III – L’IA de demain : Entre banque agentique et souveraineté
À quoi ressemblera la banque digitale en 2030 ? Les speakers ont dessiné les contours d’une « banque conversationnelle et agentique ». Demain, l’IA ne sera plus seulement un outil réactif au sein de l’application. Elle se transformera en assistant financier personnel proactif. Cependant, cette révolution soulève des questions majeures de dépendance technologique et de souveraineté des données.
Vers la banque agentique ?
Pour les banques en ligne, l’ambition de demain est de transformer l’IA en un partenaire quotidien. Leur but : développer un assistant personnel, capable d’anticiper les besoins du client, de lui proposer le bon produit d’épargne au bon moment, ou de veiller sur sa sécurité financière grâce à des systèmes de détection du spoofing (fraude par usurpation de numéro de téléphone) en temps réel.
« La banque de demain est un copilote invisible et ultra efficace. » – François Deltour, Président du Directoire d’Arkéa Direct Bank (Fortuneo)
Néanmoins, face à cette autonomie croissante, Pascal Luigi rappelle que la responsabilité de la banque restera entière : l’action finale devra toujours être initiée et validée par le consommateur, qui doit rester maître de ses choix et de ses pratiques.
Julien Dugué (Partner chez TNP Consultants) est même allé plus loin : à terme, les consommateurs utiliseront peut-être leurs propres agents IA personnels (fournis par Google, Anthropic ou d’autres géants de la Tech) pour chercher un crédit. Ce sont ces agents autonomes qui interrogeront les banques et souscriront l’offre à la place de l’humain.
Cependant, François Deltour rappelle que l’atout maître des banques face aux Big Tech reste la confiance et la proximité et la conformité réglementaire.
L’alerte sur les coûts et la souveraineté : la position de QuickSign
Face à ces projections, une prise de conscience s’impose concernant les limites structurelles de l’IA. François Deltour a lui-même rappelé que si les gains de productivité s’annoncent importants, il faut impérativement mettre en parallèle les coûts d’infrastructure technologique (FinOps) qui risquent d’exploser.
Pour que les services financiers gardent leur indépendance et leur pricing power, ils ne peuvent pas déléguer tous leurs processus critiques à des modèles tiers ou des infrastructures Cloud étrangères sans en garder le contrôle. La souveraineté des données devient le nerf de la guerre.
La banque digitale de demain ne pourra tenir sa promesse de copilote invisible et sécurisé que si elle s’appuie sur une infrastructure d’onboarding souveraine. Avant de laisser des agents IA souscrire des contrats ou manipuler des flux financiers, les institutions devront s’assurer que l’identité numérique du client est infailliblement certifiée et que les données d’entrée sont protégées contre les nouvelles cybermenaces.
L’IA comme propulseur d’innovation bancaire
Loin d’être une simple tendance passagère ou un outil d’optimisation de façade, l’intelligence artificielle s’impose comme le moteur de la banque digitale. À l’horizon 2030, l’avènement d’une banque conversationnelle et d’assistants hyper-personnalisés va redéfinir les usages et la création de valeur. Pour les institutions financières européennes, la capacité à dompter cette technologie représente une opportunité de réinventer la relation de confiance et de repousser les frontières de l’expérience client.
« Pour moi, l’IA est une énorme opportunité pour l’Europe, bien plus qu’une menace. Tout le monde en a pris conscience, jusqu’au consommateur. C’est une belle voie qui s’ouvre. Il faut que l’on utilise ces outils et que l’on sache les exploiter. Nous avons une main-d’œuvre de grande qualité en Europe pour en tirer parti et ne plus nous mettre à l’ombre des États-Unis. » – Thibaut Ravisé, CEO de QuickSign
QuickSign accompagne cette transition vers une innovation audacieuse et sécurisée. Si les algorithmes de demain doivent conseiller, guider ou souscrire de manière autonome, ils doivent s’appuyer sur des données d’entrée certifiées et hautement sécurisées. En absorbant la complexité réglementaire et en immunisant les parcours d’onboarding digital contre les fraudes de nouvelle génération (comme le spoofing ou les deep fakes), QuickSign apporte aux services financiers la sérénité technologique indispensable. Notre rôle est de certifier, valoriser et sécuriser les données du consommateur lors de l’onboarding digital. Nous sécurisons vos fondations aujourd’hui pour vous laisser la liberté d’inventer la banque de demain, en toute quiétude.
Contactez nous pour en discuter !
Rédigé par Marilou T.